Mes preuves d'humeur au monde

Schreiber-Mulroney : un autre monde

In Politique, Société on 9 mai 2009 at 1:04
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En 1998, Air Canada, qui appartenait au gouvernement Canadien, achète 34 avions à Airbus.  Le Premier Ministre de l’époque, le conservateur Brian Mulroney, est soupçonné d’avoir reçu une commission occulte pour faciliter la transaction. À la manœuvre, un homme d’affaires douteux : Karlheinz Schreiber. En 2009, une commission d’enquête est ouverte à la suite de révélations de Schreiber pour s’éviter une extradiction vers l’Allemagne où la justice l’attend pour une autre affaire…

Dans un article de La Presse Canadienne du 16 avril 2009, Jim Brown rapportait ceci :

Lorsque M. Wilson a demandé pourquoi les excuses devaient être présentées par écrit, M. Schreiber a dit que c’était tout simplement M. Mulroney qui le souhaitait ainsi. «Quand vous vivez dans mon monde, les politiciens vous approchent avec des demandes toutes plus bizarres les unes que les autres, et il est préférable que vous y répondiez.»

Voilà une étrange conception d’un homme qui a le sentiment profond de vivre dans une bulle, à l’écart de toute réalité, dans son “monde” comme il dit, conscient que son métier n’est pas commun et que les règles qui l’encadrent ne le sont pas davantage.

Mais votre monde, Monsieur Schreiber, n’est pas sur Neptune. Votre bulle est une illusion d’optique, un enfermement volontaire pour justifier un comportement inacceptable. Le salissage de votre sphère tellement peu étanche en ces temps d’enquête, éclabousse notre monde à nous tous – qui est donc aussi le votre dois-je encore le préciser pour enfoncer le clou.

En vous soumettant à une morale digne de la barbouzerie avec pour seule règle de conduite le “pas vu, pas pris”, vous devenez le grain de sel sur le ciment de la démocratie, minant avec retardement sa solidité, ses valeurs, son idéal.

Bien sûr, vous n’êtes pas le seul à peupler votre “monde” et bien évidemment vous n’êtes probablement pas le seul responsable dans la triste histoire qui est la votre. Votre jeu se joue au minimum à deux. Il n’empêche que dans un monde sain – utopique ?- , quand un politicien vous approche avec des demandes bizarres, il serait préférable que vous y répondiez par l’éthique.

Mais cela est peut-être trop demandé quand on appartient au monde des Madoff and Co, le monde de la cupidité et de l’immoralité. Est-ce bien de ce monde là dont vous nous parlez, Monsieur Schreiber ?

Pub : le mépris c’est gratuit

In Société, Économie on 4 mai 2009 at 2:15

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La publicité est-elle le reflet de la société ? Ou simplement l’expression de la pauvreté intellectuelle et du machisme de ceux qui la conçoivent ?

Probablement un peu des deux me répondrez-vous et vous aurez probablement raison.

Le livre de Frédéric Beigbeder, “99 francs” (voir la page référence) est très révélateur sur la façon dont nos “penseurs” publicitaires puisent leurs idées dans leurs clichés, leur petit monde dépravé et leur inculture. Ce faisant, ils continuent de véhiculer des normes rétrogrades comme sur la femme par exemple.

Mais le rôle de la publicité n’est pas de nous éduquer ni de nous faire réfléchir me rétorquerez-vous, et vous aurez encore raison. C’est d’ailleurs tout le contraire ! Le rôle de la publicité est de nous conforter dans nos stéréotypes, nous rassurer dans nos présupposés, nous convaincre de quelques demi-mensonges le tout pour déclencher nos actes d’achats. Le capitalisme est amoral nous rappelle le philosophe André Comte-Sponville.

Cette brève introduction faite, j’en arrive à l’objet de cet article.

Ces jours-ci au Québec, il est possible de voir la publicité suivante d’une chaîne de restauration rapide :  une jeune et jolie employée de cette chaîne offre un café “gratuit” à un client qui vient d’entrer, et se lance dans un monologue sur les qualités exceptionnelles de ce café. Après quelques instants d’écoute polie, le client arrête l’employée pour lui dire : “vous m’aviez convaincu quand vous m’aviez dit que c’était gratuit”.

Et bien non !

Non, messieurs les publicitaires et vendeurs, les consommateurs (consommateurs au sens large et pas forcément ceux des produits douteux de cette chaîne de restauration) ne sont pas tous aussi crétins que ce client sorti de votre imaginaire. Laissez-moi vous dire d’abord que nous savons que la gratuité en ce bas monde n’existe pas et que nous savons que cette pseudo gratuité sera compensée d’une façon ou d’une autre soit en aval sur les prix d’autres produits soit en amont par les pressions faites sur les fournisseurs ou sur les salaires.

Ensuite, non messieurs les publicitaires et vendeurs nous ne pensons pas que la simple prononciation du mot “gratuit” entraine inévitablement la lobotomisation d’un consomateur forcément passif. Et même si la passivité est ce que vous désirez ardemment - comme un magicien utilisant l’hypnose pour faire croire que l’illusion est la réalité - je suis au regret de vous dire qu’il existe encore des consommateurs pensants. Et pour ces derniers la gratuité n’est non seulement pas un facteur déclencheur d’achat mais constitue même une situation suspecte.

Car la gratuité n’est pas synonyme de qualité et encore moins de commerce équitable. La gratuité n’est que le leurre de publicitaires et vendeurs en mal d’arguments. Nous savons bien que la qualité et le respect des acteurs au processus de fabrication ont un prix. Un prix qui vaut le coût d’être payé. Un prix qui vaut le courage d’être annoncé.

Alors non messieurs les publicitaires et vendeurs, vous ne nous avez pas convaincus lorsque vous nous avez dit que c’était gratuit. Penser le contraire, c’est considérer les consommateurs avec mépris.

Séisme sur la banquise

In Société on 27 avril 2009 at 7:37
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La Déclaration universelle sur le prélèvement éthique du phoque est la première réponse politique depuis 20 ans dans le dossier de la chasse au phoque écrivait le chroniqueur Louis-Gilles Francoeur dans Le Devoir du 24 avril 2009.

En accord avec cette affirmation, j’ajouterais que ce document va au-delà d’une réponse politique et pourrait créer un séisme sur la planète des végétariens. Car il s’agit d’un document qui pourrait redistribuer les cartes d’un jeu longtemps – et toujours – dominé par les lobbies végétariens.

Petite parenthèse : notez que je n’ai rien contre les végétariens, étant moi-même consommateur à l’occasion de nourriture végétarienne au demeurant fort agréable. Je n’accepte en revanche pas des groupes de pression qui font du prosélytisme au point de menacer les libertés individuelles, les modes de vie de populations modestes et l’équilibre des écosystèmes à contre-courant de toute évidence scientifique… Fin de la parenthèse.

La Déclaration universelle bouscule les repères. La classique opposition entre, d’un côté, les méchants chasseurs barbares et, de l’autre, les gentils protecteurs des animaux vient de s’en prendre un coup.

En déclarant leur attachement au bien-être animal ; en subordonnant leur activité à la nécessité de protéger les espèces et les écosystèmes et surtout en réclamant publiquement l’établissement de standards éthiques internationaux c’est-à-dire des règles de chasse définies en communs par les européens et les canadiens, les chasseurs de phoque viennent de débarquer dans la chasse gardée des animalistes : la protection des animaux.

Plus que cela, ils viennent de ringardiser un discours qui consistait à dire : pour protéger les animaux, il ne faut pas les chasser, il ne faut pas les toucher, il faut les mettre sous cloche. Au contraire, disent les chasseurs dans la Déclaration : pour protéger les écosystèmes c’est-à-dire les milieux dans lesquels intéragissent les animaux et les hommes – et les animaux entre eux – il faut une intervention prudente, scientifique, moderne. Que cette intervention s’appelle chasse ou sanctuaire, prélèvement ou moratoire, l’homme ne peut pas être considéré comme extérieur au monde animal et végétal dans lequel il se meut.

Ainsi donc, les préleveurs de phoque revendiquent avec justesse leur vision et leur rôle de protecteur de la nature, eux qui vivent 365 jours par an en harmonie avec elle et dont, par-dessus tout, la qualité de vie est étroitement liée à la qualité de leur environnement – bien plus que n’importe quel militant de ces groupes de pression bien installé dans son condo de centre-ville.

Voilà donc le séisme que s’apprêtent à réaliser les communautés des chasseurs du phoque : être enfin reconnus comme des acteurs bienveillants, exigeant une éthique  de leurs pratiques universellement partagée et renvoyant les animalistes pour ce qu’ils sont : des idéologues végétariens aux idées courtes, simplistes et totalitaires.

Signez la pétition au www.phoque.org ou sur care2 : Petition powered by ThePetitionSite.com