Mes preuves d'humeur au monde

L’anti-spécisme est un anti-humanisme

In Politique, Société on 30 janvier 2010 at 6:28

L’anti-spécisme est un mouvement philosphique qui s’inspire d’une spiritualité orientale (bouddhisme, hindouisme, jaïnisme) prônant la non-violence, le végétarisme (le jaïnisme exclut même la consommation de racines), la compassion, la tolérance et où humains, animaux et végétaux sont liés à l’Univers.

C’est à partir de cette pensée que les anti-spécistes en déduisent des considérations politiques.

L’individu, non l’espèce

Pour les anti-spécistes, l’espèce – animale ou humaine -, en tant qu’entité collective, n’a qu’un sens très marginal. Au contraire, ils estiment que l’individu – animal ou humain – doit être au cœur des modes de pensée de nos sociétés. Ces dernières devraient faire primer l’égalité entre leurs individus ainsi que leur confort (accès au bonheur, absence de souffrance, etc.) plutôt qu’une sorte de hiérarchie entre humains et animaux qui mènerait nécessairement, selon eux, à l’asservissement des seconds et la domination des premiers.

Cette égalité entre les individus n’est pas une égalité absolue : on ne parle pas nécessairement d’une égalité de traitement ou de droits. Un article de Wikipedia précise : « tout comme il serait absurde d’accorder à un homme (mâle) le droit à l’avortement, il est absurde d’accorder à une poule le droit de fréquenter l’université. » Mais si différences il doit y avoir, celles-ci ne peuvent pas se déterminer pour des raisons liées à l’espèce. Les inégalités ne sont que des compromis dus à la particularité des individus.

Dans ce contexte où l’animal est l’égal de l’humain, l’Homme ne fait plus partie de la chaîne alimentaire. La consommation d’animaux est associée au cannibalisme, la chasse à la guerre, l’élevage aux camps de concentration et le spécisme n’est qu’un dérivé du sexisme, du racisme voire du nazisme.

Les spécistes, justement, seraient restés à l’âge de pierre, dans un monde aussi rétrograde que dégradant. La barbarie supposée de leurs sociétés ne les choquerait plus, tant ils seraient incapables de remettre en cause les postulats séculaires qui ont bâti l’humanité. A commencer par le dogme judéo-chrétien qui veut que l’Homme – non l’animal – ait été conçu à l’image de Dieu. Malgré certaines évolutions (abolition de l’esclavage, sociétés démocratiques, droit des enfants, égalité des sexes, etc.), les spécistes seraient incapables de sortir de leur paradigme pyramidal où l’Homme serait supérieur à l’animal, ce carcan idéologique que les anti-spécistes veulent faire voler en éclats.

L’anti-spécisme est un anti-humanisme

Le problème c’est que les anti-spécistes ne croient pas en l’Homme.  Ils considèrent que l’Homme n’est qu’un saccageur d’environnement, un pilleur de ressources, un tortionnaire d’animaux. De ce pessimisme sur notre humanité découlent des mouvements en faveur des animaux dont la violence n’est que le reflet de leur aversion envers l’humain.

Cette situation est préoccupante car le comportement de certains groupes semble s’apparenter à un mouvement de lutte révolutionnaire. La libération finale des animaux purs et innocents est-elle en marche ? Toujours est-il que, toutes proportions gardées, le mouvement de libération animale est à l’anti-spécisme ce que la Révolution bolchévique était au communisme : le moyen de réaliser, par la force si nécessaire, un monde supposément meilleur.

Or, l’humaniste que je suis ne se reconnaît pas dans la vision de l’Homme des anti-spécistes. Moi, Homme, je ne suis pas ce qu’ils disent que je suis. Je ne suis ni barbare, ni tortionnaire, ni dominateur.  Je suis davantage qu’une espèce fut-elle humaine : je suis une civilisation.

Selon Philippe Val, intellectuel français, l’espèce vise sa propre reproduction. C’est son unique loi. Aveugle, sans état d’âme, sans conscience, elle élimine les faibles et obtient des plus forts leur reproduction… avant de précipiter leur mort car l’espèce s’autorégule, la surpopulation pouvant la menacer.

La loi de l’espèce régnait ainsi en maître durant des milliards d’années avant qu’elle ne se prenne les pieds dans le tapis en inventant, via son mode de sélection brutal et hasardeux, un nouvel être : l’homo sapiens sapiens. Cet être sélectionné pour ses aptitudes à faire survivre l’espèce mieux que n’importe quel autre – grâce au cortex de son cerveau surpuissant – s’est mis à défier la loi de l’espèce dont il était issu. Car l’homo sapiens sapiens non seulement devînt conscient de sa finitude mais en plus devînt conscient de sa conscience. De cette réflexivité, l’Homme élabora ses propres lois, autrement moins douloureuses, arbitraires et brutales que la loi de l’espèce. On appelle cela : la civilisation.

NI espèce, ni animal mais civilisation

Face à la caricature qu’ils se font de l’Homme – un barbare sanguinaire – la réponse des anti-spécistes consiste à banaliser l’humanité, la réduisant au rang d’un animal parmi les autres alors qu’il s’agit d’une civilisation.

Certes notre civilisation est imparfaite et l’Homme a eu, et a encore, des comportements condamnables tant envers ses semblables qu’envers le monde du vivant qui l’entoure. Car, nous dit Val, notre civilisation n’est jamais acquise pour toujours. C’est une construction de tous les instants. Qui plus est, nous conservons tous en chacun de nous une part bien vivante de l’espèce, donnant à la civilisation sa part de violence, sa part de loi de l’espèce. Nos rapports à la violence, à la différence, à la compétition, à la compassion en témoignent.

Mais il nous faut dépasser cet instinct grégaire de l’espèce. Pour les anti-spécistes, entre domination et banalisation, il n’existe rien. Pour moi, dans cet interstice béant, il y a la civilisation.

La civilisation, poursuit Val, c’est la prise de conscience par l’Homme de sa propre fin et donc que la vie n’est pas seulement cette ligne droite qui mène de la naissance à la mort en passant par la lutte pour sa survie et la reproduction sexuée. Désormais, la vie c’est le plaisir de prendre plaisir, c’est aimer aimer son prochain ou Mozart, c’est rechercher des moments d’éternité dans le bonheur et même dans la jouissance du bonheur.

La civilisation suppose des lois : là où le faible doit mourir car l’espèce ne s’embarrasse pas de celui qui menacerait sa résistance au temps, la civilisation protège les plus faibles car elle a conscience du caractère unique de tous ceux qui la composent.

La civilisation s’oppose donc au rapport de force brute, à la souffrance, à la guerre et à toute forme d’activité où le plus fort triomphe en soumettant les autres à sa force. La civilisation s’oppose à la sélection de l’espèce.

Ainsi, dans sa relation avec l’écosystème-Terre, la civilisation doit mettre sa science, sa compassion et son humanité au service du vivant car il y va autant de son éthique que de sa victoire sur la loi aveugle et froide de l’espèce.

Toutefois, l’humanité est singulière. Je ne dis pas supérieure mais bien singulière. Elle a inventé la civilisation et avec elle la justice (quelle justice y a-t-il dans le monde animal sinon la loi du plus fort qui est la loi de l’espèce ?); elle a inventé les arts,  inutiles pour l’espèce et tellement indispensables pour l’Homme dans son rapport au Cosmos et à la mort; elle a inventé la conscience et la conscience d’avoir conscience qui lui confèrent l’obligation morale de garantir la diversité biologique et l’équilibre des écosystèmes.

Ce sont les lois de la civilisation qui font que l’humanité n’est plus un simple animal, n’est plus une simple espèce vivante et n’est plus un barbare sanguinaire.

À  la fois détenteurs et créateurs de cette richesse, nous, les Hommes, devons obstinément œuvrer pour encrer l’humanité dans cette relation si singulière avec son environnement : au sommet de la chaîne alimentaire et pourtant humble et compatissante. Ce n’est pas du spécisme. C’est de l’humanisme.

Protection animale : menaces, destructions et bons sentiments

In Société on 28 janvier 2010 at 8:17

L’agression dont a été victime la Ministre des Pêches et Océans par une activiste de PETA lundi 25 janvier n’est que le sommet de l’iceberg des nombreuses violences qu’utilisent les soi-disant protecteurs des animaux pour arriver à leurs fins.

Ainsi que le rappelle le journal Le Monde du 21 juillet 2009, les autorités policières avaient déjouées un attentat contre la Reine Béatrix des Pays-Bas que planifiait un activiste de la cause animale.

« Un activiste néerlandais de la cause animale a été arrêté lundi 20 juillet par la police, qui le soupçonne d’avoir planifié un attentat contre la reine Beatrix des Pays-Bas. [...] Surnommé le « streaker végétalien », Peter Janssen, âgé de 24 ans, était connu aux Pays-Bas pour avoir fait irruption dénudé dans des événements sportifs et un programme télévisé très populaire, une façon d’attirer, selon lui, l’attention du public sur la souffrance animale. Après une action spectaculaire dans un élevage de visons à Stavenisse (sud-ouest) durant laquelle 2 500 animaux avaient été libérés, il avait été brièvement détenu avant d’être remis en liberté provisoire le 30 juin. »

Quelques semaines plus tard au Québec, l’exposition de photographies du réalisateur Raoul Jomphe était vandalisée. Raoul Jomphe, un végétarien, avait dénoncé la manipulation de l’opinion publique par les organisations animalistes dans son documentaire « Phoque, le film », diffusé à la télévision publique du Canada.

C’est le journal « Le Riverain » du 4 août 2009 qui comment l’affaire :

« L’auteur de l’exposition s’est dit aucunement surpris que des militants animalistes aient agi de la sorte en endommageant ses photographies. « Cela ne fait que démontrer qu’ils sont très frustrés et qu’ils utilisent des méthodes extrémistes fort peu respectables », a-t-il confié. Raoul Jomphe et Exploramer se sont entendus pour laisser l’exposition telle quelle, c’est-à-dire abîmée. Ils croient que cela illustrera fort efficacement « l’extrémisme de la polémique » ».

En juillet 2009, les activistes s’en donnaient à coeur joie contre le PDG de Novartis, Daniel Vasella. France info rapportait alors la profanation des tombes de ses deux parents dans un cimetière Suisse, l’incendie de son chalet revendiqué par l’organisation Militant Forces Against Huntingdon Life Science (MFAH). Le tribunal des amis des animaux avait jugé coupable l’entreprise qui, selon eux, procèderait à des expérimentations animales.

Une autre organisation extrémiste de défense des animaux, la North American Animal Liberation, affirmait sur son site internet : “En ce qui nous concerne, nous ne pouvons que regretter que Vasella n’ait pas été dans sa maison quand elle a brûlé”.

Dans un billet du 27 septembre 2007, France info titre : « les enragés de la cause animale » alors prêt à tout et surtout au pire :

« Pour libérer les animaux, les écoterroristes cherchent à acculer Huntigdon Life Science (HLS) à la faillite en s’en prenant à ses actionnaires, ses employés, ses fournisseurs et ses clients qui reçoivent menaces de mort, menaces d’enlèvement de leurs enfants, courriers les accusant de pédophilie. En 2001, le directeur de la firme et l’un de ses cadres sont agressés par des hommes cagoulés. Des lettres piégées blessent un éleveur et une fillette de 6 ans. »

Le 29 avril 2007, c’est le groupe extrémiste Animal Liberation Front qui revendique l’incendie du siège de l’entreprise, Tecniplast France, fabricant de cages et d’équipements d’animalerie installé à Limonest, dans la banlieue de Lyon.

Mais revenons aux phoques. Avez-vous entendu les organisations anti-chasse au phoque (Brigitte Bardot, PETA, la Humane Society, IFAW, Sea Shepherd, etc.) dénoncer ces actes de vandalisme, de destruction, les menaces de mort de leurs homologues ? Jamais. Comme dit l’adage, qui ne dit mot consent.

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Rappelons que le phoque n’est pas une espèce menacée, que son cheptel grossit d’année en année pour atteindre plus de 6 millions de têtes aujourd’hui. Rappelons aussi que le bébé phoque n’est plus chassé depuis 1987 et que l’usage du gourdin, bien qu’impressionnant, est la méthode recommandée par les médecins vétérinaires pour éviter la souffrance de l’animal. Le phoque est chassé afin de réguler l’écosystème. On utilise sa fourrure, son huile riche en Oméga 3 et sa viande faible en gras.

L’éthique, ce n’est pas que pour les animaux

In Politique, Société on 27 janvier 2010 at 6:33

Suite à l’agression dont à été victime la Ministre des Pêches et Océans, l’honorable Gail Shea, par une activiste anti-chasse au phoque, le Sénateur Céline Hervieux-Payette exprime son soutien dans le combat que mène la Ministre en faveur de l’industrie du phoque et condamne le geste de l’organisation People for the Ethical Treatment of Animals (PETA).

La ministre prononçait un discours en Ontario, lundi 25 janvier, lorsqu’une activiste s’est approchée d’elle et lui a lancé au visage une tarte au tofu et à la crème.

Le geste a été revendiqué par PETA, organisme bien connu pour ses positions contre la chasse au phoque mais aussi contre la pêche et favorable à une société végétarienne. Dans un communiqué, PETA déclare que cet acte fait partie de sa campagne pour « arrêter le gouvernement » dans son appui à la chasse au phoque.

« Les lobbies végétariens sont devenus des extrémistes qui ne respectent pas nos institutions démocratiques et utilisent des manières sauvages pour arriver à leurs fins. Cela jette un profond discrédit sur la cause qu’ils défendent », a commenté le Sénateur Hervieux-Payette.

« Je n’ai aucun doute que le seul but de cette attaque revendiquée par PETA n’est que de la propagande pour recueillir des fonds » a conclu le Sénateur, faisant allusion à la Humane Society of the United States (HSUS) – une autre organisation anti-chasse au phoque – qui tire profit du séisme en Haïti pour demander des fonds pour supposément sauver les animaux de l’île.