Dimanche, le 28 Septembre 2008 | Mise en ligne à 23h03 |
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GILLES TOUPIN
OTTAWA – C’est l’anniversaire de naissance de Stéphane Dion aujourd’hui ce dimanche 28 septembre. (C’est aussi l’anniversaire de Djemila, mais cela est une autre histoire…) Le chef libéral célèbre ses 53 ans.
Hier, pendant le vol qui le ramenait de Hamilton à Ottawa, M. Dion s’est fait surprendre par les journalistes. Je crois qu’il ne s’y attendait pas. Il semblait tout ému…
Les caméras se sont mises à tourner et nous avons tous entonné le traditionnel «Joyeux anniversaire…». Juliet O’Neil, du Ottawa Citizen, s’est chargée de faire la petite présentation :
«Vos adversaires ont tenté de vous dépeindre depuis le début de la campagne sous un jour qui n’a rien à voir avec ce que vous êtes vraiment. Or, il y a un oiseau aussi qui a été plutôt malmené dans cette campagne, le macareux moine, celui-là que les conservateurs ont utilisé dans une pub pour vous salir… Nous pensons que le macareux n’est pas si mal élevé que cela. Nous vous offrons donc cette aquarelle qui représente de belle manière le macareux moine. Mais pour ajouter un peu de magie à ce présent, nous tenons à vous préciser que l’artiste qui a créé l’œuvre se nomme Paule Saint-Laurent et qu’elle est la petite fille du premier ministre libéral du Canada Louis Saint-Laurent.»
M. Dion nous a chaleureusement remerciés. «J’espère que l’on vous a bien traité, a-t-il dit. Et vous pouvez compter sur moi. Je n’enverrai jamais la GRC à vos trousses pour vous empêcher de faire votre travail, comme l’a fait M. Harper.»
Voilà qui terminait pour moi trois semaines de travail auprès du chef libéral. Dès lundi je vais suivre la campagne du chef conservateur.
Stéphane Dion respecte la presse et l’a démontré tout particulièrement la semaine dernière à Toronto. Nous étions sur le toit-terrasse d’une maison de retraités dans le quartier High Park. Le chef libéral venait de faire un discours aux quelque cent personnes présentes. Il a par la suite convoqué les journalistes à une conférence de presse en présence de l’assistance, ce qui n’était peut-être pas la meilleure idée. Or, quand le collègue du Toronto Star, Bruce Campion-Smith, a interrogé M. Dion au sujet du renvoi de sa candidate au Manitoba, Mme Lesley Hughes, parce qu’elle avait défendu la théorie du complot au sujet des attentats du 11 septembre 2001, certains spectateurs se sont mis à chahuter les journalistes en leur criant que cette question n’avait aucune pertinence et que nous n’avions pas d’affaire là.
Stéphane Dion s’est alors précipité pour calmer les gens. S’apercevant qu’on ne pouvait entendre ce qu’il disait, il est vite retourné à son micro.
«Écoutez, mesdames et messieurs, le Parti libéral du Canada va toujours défendre la liberté de la presse. Jamais nous n’utiliserons la GRC pour empêcher les journalistes de parler à nos candidats et candidates, comme l’a fait M. Harper. S’il vous plaît, mesdames et messieurs les journalistes, posez-moi vos questions.»
Tout est alors rentré dans l’ordre. Je dois dire que le chef libéral nous a tous surpris. C’était la première fois en sept campagnes électorales que j’étais témoin d’une telle scène. Habituellement, les politiciens sont contents lorsque l’on se fait un peu brasser et ils se croisent les bras.
L’aquarelle du macareux rappellera toujours à Stéphane Dion que par son respect il s’est gagné le nôtre.
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