Nous qui supportons Stéphane Dion savons à quel point il est un homme de convictions, à quel point il travaille avec acharnement – ne dormant que quelques heures par nuit – à quel point il s’est préparé à prendre la relève du pouvoir avec un programme solide pour l’économie, solide pour l’environnement et solide pour la justice sociale.
Les millions de dollars des conservateurs dépensés en publicités négatives pour “brainwasher” les cerveaux des Canadiens ne pouvaient rien durant le débat des Chefs. Dion s’est montré au public tel que nous le connaissons : maîtrisant ses dossiers, respectueux de ses adversaires et prêt à agir le 15 octobre au matin.
Voilà donc pourquoi ce n’est pas une surprise pour ceux qui le connaissent vraiment de lire les commentaires de la presse et les sondages de ce matin.
Et vous qu’en avez-vous pensé ?
AVANTAGE DION
Le libéral Stéphane Dion n’a pas cassé la baraque, mais il est celui qui a le mieux tiré son épingle du jeu hier soir.
Il ne s’est pas contenté d’attaquer le premier ministre sortant. Il a profité de ses interventions pour présenter son programme, étayer ses propositions. C’est ce qu’on attend d’un débat des chefs.
Les débats tournent à vide lorsqu’ils sont le théâtre d’attaques démagogiques et populistes. Ils acquièrent un sens lorsque des candidats saisissent les occasions offertes pour exposer leur vision.
C’est ce que M. Dion a fait. Il a livré de la substance. Surtout, il l’a fait de façon intelligible. Et ce, dès le début de l’engagement qui a porté sur la crise financière américaine. [...]
Le chef conservateur, Stephen Harper, n’a pas été à la hauteur. Il savait qu’il serait la cible de toutes les attaques. Ses explications tombaient néanmoins à plat.
Ce qui étonne est qu’il n’a rien proposé. Pas même sur le thème de la crise financière qu’il avait pourtant lui-même réclamé au consortium des télédiffuseurs.
Il a été desservi par le fait que cet exercice se déroulait en français. Mais aussi par l’extrême prudence dont il a fait preuve.
Comme si les compressions dans le domaine culturel et le durcissement des peines contre les jeunes contrevenants l’avaient d’emblée placé sur la défensive.
Il faut cependant se souvenir que ce n’est pas lors des débats que M. Harper a remporté le scrutin de 2006. C’est lorsqu’il a promis, dans un discours à Québec, qu’il réglerait le déséquilibre fiscal et qu’il pratiquerait un fédéralisme d’ouverture.
Présentera-t-il quelque chose sur le pouvoir fédéral de dépenser d’ici le 14 octobre?






