Mes preuves d'humeur au monde

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Lettre – Les murs du puzzle

In Politique, Société on 1 novembre 2009 at 10:27

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Mon cher Damien,

A titre d’introduction, je te soumets une rapide réflexion : ma thèse consiste à croire que nous ne sommes qu’au tout début d’une pensée de l’humanité – pas d’une pensée humaniste mais je crois que l’Homme commence à se penser comme UNE humanité. C’est encore très balbutiant. Puisque nous avons besoin de symboles pour jalonner notre histoire, je ferais commencer ce phénomène à 1969 et à la première fois où l’Homme a pu observer un lever de Terre depuis la Lune.

Pour faire simple et caricatural, le monde s’est développé en puzzle aux pièces dispersées. Sur chacune d’elles se sont développées civilisations, langues, cultures, coutumes, croyances,… Peu à peu les Christophe Colomb de ce monde, inventeurs et découvreurs de modes de déplacements et de communications rapides, ont fait se rapprocher ces pièces. C’est ce qu’on appelle la mondialisation. On dit souvent mondialisation économique mais ceci est bien trop réducteur et surtout le phénomène est bien plus ancien qu’on ne le croit même s’il s’est fortement accéléré au XXè siècle. Moi je préfère parler de “tectonique des civilisations” (j’ai malheureusement constaté que ce terme existait déjà après y avoir pensé. Mais je le trouve fort à propos). Après un premier mouvement de séparation et d’isolement, les civilisations sont donc en marche pour se rencontrer les unes et les autres jusqu’à l’harmonie – je l’espère – ou pour le moins une sorte d’harmonisation – qui ne devra jamais être totale car il nous faut protéger ce que j’appelle la “biodiversité des peuples” (ce terme la, je le revendique). Le choc des civilisations, selon moi, existe ou pas dépendamment de la façon dont les Nations accompagnent ce mouvement de tectonique. Les méthodes de W. Bush l’ont rendu possible. Gageons que celles d’Obama le dissiperont. Bref, dans ce contexte comment envisager qu’un mur,  comme celui que construit Israël face aux Palestiniens, soit la réponse à un problème entre deux peuples ? Pour moi, il s’agit d’une réponse archaïque à un phénomène que l’on n’arrêtera pas – comme on n’arrête pas la dérive des continents. Un mur de château fort, une solution du moyen-âge. C’est une réponse placébo, une réponse qui essaie de faire survivre le puzzle éclaté. Pour tout un tas de raisons que ton mémoire analysera.

Je ne crois pas que les Nations disparaitront ni même que le sentiment d’identité nationale ou régionale se dissipera. Mais tout comme l’on peut être français ou allemand et se sentir européen – donc partager une histoire et des valeurs communes – je crois que nous nous sentirons un jour français, européens et terriens. Et que ce dernier sentiment d’appartenance devra amener nos dirigeants à envisager des réponses aux problèmes autrement qu’en créant des murs. Je suis peut-être (trop) optimiste mais je veux croire à cette prise de conscience. Sinon, quelle sera l’alternative ? Des riches contre des pauvres ? Des pétroleux contre des assoiffés d’énergie ? Des abreuvés contre des assoiffés tout court ? Des armés contre des trafiquants de la dernière chance ? Des paradis fiscaux contre des paradis perdus ? L’avènement de ce monde-là est également possible. L’Histoire reste à écrire.

J’aime ton idée de comparer ce mur d’Israël à d’autres pour tenter d’en comprendre les raisons. Surtout je trouve très intéressant de traiter de la symbolique de l’emmurement. Car comme je l’ai dit, je crois que cette pratique renvoie à une conception du monde éclaté… et dans un mouvement de tectonique des civilisations, la seule façon de faire perdurer ce monde en pièces c’est d’ériger des murs qu’ils soient physiques ou technologiques (la Chine qui essaie d’isoler son peuple en filtrant l’internet par exemple). A qui profite cette vision du monde ? Voilà une question intéressante, non ?

Citation du jour – Élite or not élite?

In Politique, Société on 1 octobre 2009 at 7:46

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« J’ai toujours cru, pour ma part, que l’élite dans une société ne se définit pas par les titres universitaires, les postes d’influence ou le compte en banque. Dans la conception que je me fais d’une élite, j’inclus tous ceux qui savent réfléchir et orienter leurs efforts vers le bien commun. Ils peuvent être manœuvres, militants syndicaux, hommes d’affaires, gérants de coopératives, balayeurs de rues, fonctionnaires ou professeurs d’université. Ils peuvent être banquiers ou journalistes, techniciens ou ferblantiers, voire politiciens ! Mais ce qui fait d’eux une élite, ce ne sont ni leurs fonctions ni leurs titres. C’est, je le répète, l’aptitude à réfléchir et le souci du bien général, le dépassement des égoïsmes et des intérêts particuliers. »

 

Pierre-Elliott Trudeau,
Montréal, 2 avril 1968.

Crise financière : le cynisme des cupides en cravate – Lettre ouverte au Président de la République française

In Politique, Société, Économie on 5 août 2009 at 6:40

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Monsieur le Président de la République Française,

BNP-Paribas a bénéficié de 5,1 milliards d’euros de la part de l’Etat (c’est-à-dire l’argent des contribuables) il y a seulement 8 mois et aujourd’hui BNP-Paribas provisionne 1 milliard pour les reverser à ses traders sous forme de Bonus.

L’État français est le premier actionnaire de BNP-Paribas et il me semblerait hautement regrettable si  cette manœuvre n’était pas désavouée publiquement.

Car qui cherche-t-on à rémunérer ainsi ? Quels sont ces formidables talents que l’on craint de voir quitter l’entreprise s’ils ne bénéficiaient pas de ces Boni-de-la-honte ? Serait-ce nos chercheurs, nos scientifiques dont les découvertes d’aujourd’hui  façonneront la croissance économique de demain ? Serait-ce nos enseignants dont la capacité à transmettre la connaissance et l’esprit critique aux nouvelles générations modèlera la vision du monde ?

Nullement. Ceux que l’on cherche a rémunérer ainsi, dans des proportions qui défient tout entendement, ce sont ces mêmes traders à l’origine de la spéculation hasardeuse et dont la cupidité et l’insouciance face à la collectivité nous ont amené à la pire faillite du système financier depuis 80 ans.

Malheureusement ce cas n’est ni unique ni isolé. Bien des médias à travers le monde rapportent la même intention des banques. La sphère financière n’entend visiblement pas se plier à l’autorité politique ni remettre en cause des pratiques qui ont déjà couté fort cher à bien des pauvres gens. L’avidité scandaleuse de ces irresponsables en cravate se double désormais d’un cynisme insupportable.

Une réplique à la crise financière se prépare si l’on n’y change rien. Elle pourrait s’avérer plus dévastatrice que la première secousse.

Le capitalisme productiviste de l’après-guerre, issu du protestantisme, valorisait le travail et l’effort ainsi que l’enrichissement d’entrepreneurs dont la morale religieuse obligeait à la redistribution envers les moins fortunés (lire “Vous pouvez sauver le soldat capitalisme”).

Le capitalisme financier s’est débarrassé de cette morale et de tout scrupule. L’individualisme est son credo. L’enrichissement une fin en soi. Boulimique, le système financier est devenu orgiaque. Le Bonus est son orgasme.

La déconnexion avec le monde réel est totale. Il n’y a plus d’éthique dans le monde du toc.

Si les élus du peuple ne parviennent pas rapidement à nettoyer cette mentalité usurpatrice, qui conduit par exemple, le gouverneur de Californie à couper, comme le rapporte Libération, “50 millions dans le programme Healthy Families qui donne une assurance-maladie aux enfants de familles à bas revenus, 50 millions aux services aux enfants handicapés, 16 millions à la lutte contre les violences domestiques, 52 millions à la prévention et au traitement du sida, 6,3 millions aux personnes âgées…”, alors le peuple n’aura plus d’autre alternative que de se soulever dans un geste aussi salutaire que salvateur.

Bien que la résilience des peuples me surprenne toujours, je crains le jour où le bambou finira par se briser. Car le sentiment d’injustice grandit chez ceux qui payent la crise des autres. Ceux-là même dont on souhaite reconnaître les talents de fossoyeur de l’économie par des Bonis à 7 chiffres.

Aussi, dans l’intérêt de tous et en particulier des plus modestes, je souhaite le succès de toute intiative politique qui ramènera le monde de la finance à la raison et à son métier, c’est-à-dire, comme le rappelait Nicolas G. Hayek, fondateur de Swatch, aider les entrepreneurs à créer la richesse réelle au profit de l’humanité.

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de ma considération.

Maximilien Depontailler

Schreiber-Mulroney : un autre monde

In Politique, Société on 9 mai 2009 at 1:04
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En 1998, Air Canada, qui appartenait au gouvernement Canadien, achète 34 avions à Airbus.  Le Premier Ministre de l’époque, le conservateur Brian Mulroney, est soupçonné d’avoir reçu une commission occulte pour faciliter la transaction. À la manœuvre, un homme d’affaires douteux : Karlheinz Schreiber. En 2009, une commission d’enquête est ouverte à la suite de révélations de Schreiber pour s’éviter une extradiction vers l’Allemagne où la justice l’attend pour une autre affaire…

Dans un article de La Presse Canadienne du 16 avril 2009, Jim Brown rapportait ceci :

Lorsque M. Wilson a demandé pourquoi les excuses devaient être présentées par écrit, M. Schreiber a dit que c’était tout simplement M. Mulroney qui le souhaitait ainsi. «Quand vous vivez dans mon monde, les politiciens vous approchent avec des demandes toutes plus bizarres les unes que les autres, et il est préférable que vous y répondiez.»

Voilà une étrange conception d’un homme qui a le sentiment profond de vivre dans une bulle, à l’écart de toute réalité, dans son “monde” comme il dit, conscient que son métier n’est pas commun et que les règles qui l’encadrent ne le sont pas davantage.

Mais votre monde, Monsieur Schreiber, n’est pas sur Neptune. Votre bulle est une illusion d’optique, un enfermement volontaire pour justifier un comportement inacceptable. Le salissage de votre sphère tellement peu étanche en ces temps d’enquête, éclabousse notre monde à nous tous – qui est donc aussi le votre dois-je encore le préciser pour enfoncer le clou.

En vous soumettant à une morale digne de la barbouzerie avec pour seule règle de conduite le “pas vu, pas pris”, vous devenez le grain de sel sur le ciment de la démocratie, minant avec retardement sa solidité, ses valeurs, son idéal.

Bien sûr, vous n’êtes pas le seul à peupler votre “monde” et bien évidemment vous n’êtes probablement pas le seul responsable dans la triste histoire qui est la votre. Votre jeu se joue au minimum à deux. Il n’empêche que dans un monde sain – utopique ?- , quand un politicien vous approche avec des demandes bizarres, il serait préférable que vous y répondiez par l’éthique.

Mais cela est peut-être trop demandé quand on appartient au monde des Madoff and Co, le monde de la cupidité et de l’immoralité. Est-ce bien de ce monde là dont vous nous parlez, Monsieur Schreiber ?

Pub : le mépris c’est gratuit

In Société, Économie on 4 mai 2009 at 2:15

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La publicité est-elle le reflet de la société ? Ou simplement l’expression de la pauvreté intellectuelle et du machisme de ceux qui la conçoivent ?

Probablement un peu des deux me répondrez-vous et vous aurez probablement raison.

Le livre de Frédéric Beigbeder, “99 francs” (voir la page référence) est très révélateur sur la façon dont nos “penseurs” publicitaires puisent leurs idées dans leurs clichés, leur petit monde dépravé et leur inculture. Ce faisant, ils continuent de véhiculer des normes rétrogrades comme sur la femme par exemple.

Mais le rôle de la publicité n’est pas de nous éduquer ni de nous faire réfléchir me rétorquerez-vous, et vous aurez encore raison. C’est d’ailleurs tout le contraire ! Le rôle de la publicité est de nous conforter dans nos stéréotypes, nous rassurer dans nos présupposés, nous convaincre de quelques demi-mensonges le tout pour déclencher nos actes d’achats. Le capitalisme est amoral nous rappelle le philosophe André Comte-Sponville.

Cette brève introduction faite, j’en arrive à l’objet de cet article.

Ces jours-ci au Québec, il est possible de voir la publicité suivante d’une chaîne de restauration rapide :  une jeune et jolie employée de cette chaîne offre un café “gratuit” à un client qui vient d’entrer, et se lance dans un monologue sur les qualités exceptionnelles de ce café. Après quelques instants d’écoute polie, le client arrête l’employée pour lui dire : “vous m’aviez convaincu quand vous m’aviez dit que c’était gratuit”.

Et bien non !

Non, messieurs les publicitaires et vendeurs, les consommateurs (consommateurs au sens large et pas forcément ceux des produits douteux de cette chaîne de restauration) ne sont pas tous aussi crétins que ce client sorti de votre imaginaire. Laissez-moi vous dire d’abord que nous savons que la gratuité en ce bas monde n’existe pas et que nous savons que cette pseudo gratuité sera compensée d’une façon ou d’une autre soit en aval sur les prix d’autres produits soit en amont par les pressions faites sur les fournisseurs ou sur les salaires.

Ensuite, non messieurs les publicitaires et vendeurs nous ne pensons pas que la simple prononciation du mot “gratuit” entraine inévitablement la lobotomisation d’un consomateur forcément passif. Et même si la passivité est ce que vous désirez ardemment - comme un magicien utilisant l’hypnose pour faire croire que l’illusion est la réalité - je suis au regret de vous dire qu’il existe encore des consommateurs pensants. Et pour ces derniers la gratuité n’est non seulement pas un facteur déclencheur d’achat mais constitue même une situation suspecte.

Car la gratuité n’est pas synonyme de qualité et encore moins de commerce équitable. La gratuité n’est que le leurre de publicitaires et vendeurs en mal d’arguments. Nous savons bien que la qualité et le respect des acteurs au processus de fabrication ont un prix. Un prix qui vaut le coût d’être payé. Un prix qui vaut le courage d’être annoncé.

Alors non messieurs les publicitaires et vendeurs, vous ne nous avez pas convaincus lorsque vous nous avez dit que c’était gratuit. Penser le contraire, c’est considérer les consommateurs avec mépris.

Séisme sur la banquise

In Société on 27 avril 2009 at 7:37
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La Déclaration universelle sur le prélèvement éthique du phoque est la première réponse politique depuis 20 ans dans le dossier de la chasse au phoque écrivait le chroniqueur Louis-Gilles Francoeur dans Le Devoir du 24 avril 2009.

En accord avec cette affirmation, j’ajouterais que ce document va au-delà d’une réponse politique et pourrait créer un séisme sur la planète des végétariens. Car il s’agit d’un document qui pourrait redistribuer les cartes d’un jeu longtemps – et toujours – dominé par les lobbies végétariens.

Petite parenthèse : notez que je n’ai rien contre les végétariens, étant moi-même consommateur à l’occasion de nourriture végétarienne au demeurant fort agréable. Je n’accepte en revanche pas des groupes de pression qui font du prosélytisme au point de menacer les libertés individuelles, les modes de vie de populations modestes et l’équilibre des écosystèmes à contre-courant de toute évidence scientifique… Fin de la parenthèse.

La Déclaration universelle bouscule les repères. La classique opposition entre, d’un côté, les méchants chasseurs barbares et, de l’autre, les gentils protecteurs des animaux vient de s’en prendre un coup.

En déclarant leur attachement au bien-être animal ; en subordonnant leur activité à la nécessité de protéger les espèces et les écosystèmes et surtout en réclamant publiquement l’établissement de standards éthiques internationaux c’est-à-dire des règles de chasse définies en communs par les européens et les canadiens, les chasseurs de phoque viennent de débarquer dans la chasse gardée des animalistes : la protection des animaux.

Plus que cela, ils viennent de ringardiser un discours qui consistait à dire : pour protéger les animaux, il ne faut pas les chasser, il ne faut pas les toucher, il faut les mettre sous cloche. Au contraire, disent les chasseurs dans la Déclaration : pour protéger les écosystèmes c’est-à-dire les milieux dans lesquels intéragissent les animaux et les hommes – et les animaux entre eux – il faut une intervention prudente, scientifique, moderne. Que cette intervention s’appelle chasse ou sanctuaire, prélèvement ou moratoire, l’homme ne peut pas être considéré comme extérieur au monde animal et végétal dans lequel il se meut.

Ainsi donc, les préleveurs de phoque revendiquent avec justesse leur vision et leur rôle de protecteur de la nature, eux qui vivent 365 jours par an en harmonie avec elle et dont, par-dessus tout, la qualité de vie est étroitement liée à la qualité de leur environnement – bien plus que n’importe quel militant de ces groupes de pression bien installé dans son condo de centre-ville.

Voilà donc le séisme que s’apprêtent à réaliser les communautés des chasseurs du phoque : être enfin reconnus comme des acteurs bienveillants, exigeant une éthique  de leurs pratiques universellement partagée et renvoyant les animalistes pour ce qu’ils sont : des idéologues végétariens aux idées courtes, simplistes et totalitaires.

Signez la pétition au www.phoque.org ou sur care2 : Petition powered by ThePetitionSite.com

Une Déclaration universelle sur le prélèvement éthique du phoque

In Société on 25 avril 2009 at 7:50

Ce sera un article court mais je crois qu’il se passe de commentaire… la vidéo dit tout…

Je vous en reparle bientôt ! Et surtout visitez le site web !

Chasse au phoque : l’arbre qui cache la forêt animaliste

In Société on 21 février 2009 at 10:51

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Les groupes de pression qui prétendent défendre le bien-être animal (animal welfare) mais qui en réalité défendent les droits des animaux (animal rights) — sous-entendu : droits de ne pas être utilisé d’aucune façon par l’Homme — formulent implicitement le postulat suivant : si l’Homme ne tuait plus aucun animal pour son besoin (nourriture, santé publique, sciences, vêtements, etc.) alors le monde animal serait parfaitement heureux et s’autorégulerait de la manière la plus harmonieuse. Les animaux vivraient une situation de bien-être jamais atteinte et l’Homme trouverait le plénitude dans une vie végétarienne.

Je fais de l’humour ? J’exagère ? Pas du tout.

Cette pensée magique est défendue le plus sérieusement du monde par la Humane Society of the United States (HSUS), People for the Ethical Treatment of Animals (PETA), International Fund for Animal Welfare (IFAW), la Fondation Brigitte Bardot, la Fondation Franz Weiber et bien d’autres tout aussi manipulatrices. Car ces organisations avancent masquées. Elles ne dévoilent pas leur véritable objectif qui pourrait être rejeté par toute société normalement constituée. Et leur objectif est de nature totalitaire : forcer le monde à devenir végétarien.

Ainsi, derrière ce postulat du bien-être animal auto-régulé auquel personne ne croit — et probablement pas davantage ces groupes de pression — se cache une vision sectaire et religieuse : puisque l’animal est créature de Dieu au même titre que l’Homme, aucun de ces deux groupes ne peut se prévaloir supérieur à l’autre. Aussi nomme-t-on les Hommes les “animaux-humains” et les animaux les “animaux-non-humains”. En conséquence, l’Homme n’a aucune légitimité à affirmer une supériorité sur le monde animal et toute utilisation de l’animal à son profit est jugée immorale et mérite d’être condamnée.

On comprend mieux pourquoi ces groupes de pression jugent la chasse au phoque “barbare” ou “cruelle”, alors que cette activité, la plus réglementée au monde, vise 1) la régulation de l’écosystème (une trop grande population de phoques menacera les stocks de morues dont ils se nourrissent), 2) la survie des populations cotières et notamment Inuit 3) la santé publique (oméga 3, collagène, recherche sur des valves cardiaques à partir d’artères de phoques). Car en effet, derrière cette supposée barbarie ou cruauté, se cache le jugement moral d’une pensée religieuse.

Toutes les attaques portées contre cette activité (économiquement non significative, subventionnée par le gouvernement, surveillance déficiente, menace sur l’espèce par les changements climatiques, etc.) sont fausses et peuvent être démontées point par point. Mais l’essentiel n’est pas la vérité. Pour les groupes de pression, l’essentiel est d’user de subterfuges  — comme l’intérêt pour le bien-être animal — pour en réalité atteindre le véritable objectif : l’animal sacré, intouchable.

Que font concrètement toutes ces organisations dites “animalistes” pour améliorer le bien-être animal ? La réponse se résume en une seule action : elles militent toutes pour le végétarisme. Cela signifie qu’elles sont toutes en faveur d’un animal intouchable par l’Homme. Quelques exemples récents : PETA a lancé ces dernières semaines une campagne auprès des enfants américains contre la pêche “qui fait mal aux poissons”. HSUS et Brigitte Bardot ont lancé simultanément une campagne contre la viande de cheval. D’autres lanceront en Europe en avril une semaine internationale contre l’utilisation des animaux en laboratoire (et tant pis si c’est pour tester un vaccin contre le SIDA, l’Homme n’a qu’à utiliser ses semblables).

Je ne nie pas qu’il existe des cas de maltraitance envers les animaux et cela est inacceptable et doit être condamné. Je ne nie pas qu’il existe des personnes qui chassent des animaux menacés de disparition ce qui doit être, là aussi, condamné. Mais les organisations “animalistes” utilisent ces tristes réalités, les amalgament avec d’autres — les espèces de phoques chassées ne sont pas menacées  de disparition et ne sont pas maltraitées, les méthodes de chasse faisant l’objet d’études approfondies par des vétérinaires indépendants — pour arriver à leur fin.

Voilà pourquoi la chasse au phoque est cet arbre qui cache la forêt. C’est le cheval de Troie des groupes “animalistes” pour obtenir des garanties législatives et légales sur un futur statut de l’animal intouchable qui conviendrait à leur fantasme et leur fanatisme.

Déjà la HSUS a édité un guide aux États-Unis pour promouvoir une société végétarienne. Gardons-nous de laisser nos émotions se faire manipuler par des groupes aux soit-disant bonnes intentions. L’immoralité n’est pas là où on le croit.

Petition against PETA’s misuse Vancouver Olympic Games logo

In Société, Économie on 18 février 2009 at 6:13
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Picture by swerdbird (Flickr)

Take Action on This Issue

Please send the following message to the Vancouver Olympic Games Committee at  mediarelations@vancouver2010.com and to the Canadian Prime Minister at pm@pm.gc.ca

“I was shocked to learn that PETA, an animal rights extremist group, launched a campaign using the logo of the Vancouver Olympics games, threatening hundreds of thousands of innocent Canadians to promote its vision of a vegan society. This group has never proposed any solution for animal welfare, and has ties to domestic terror groups, not to mention their disturbing campaigns such as denouncing medical research.

All eyes are on Canada as it prepares to host the 2010 Winter Olympics. Please help inform others that the Seal Hunt is humane. The 2010 Winter Olympics logo was created to promote Canada’s culture, not to destroy it. Let us ensure that the reputation of the Vancouver 2010 Olympic Games is not tarnished. The attack on Canadian culture by PETA must end.”

Les bébés d’Obama

In Politique, Société on 5 février 2009 at 10:33

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Dans un article intitulé « ni dieu, ni maître, ni impôts », François Flahaut nous parle d’Ayn Rand (1905-1982), populaire philosophe et romancière états-unienne dont les œuvres portent aux nues l’individualisme et les valeurs de l’ultra-libéralisme qui ont fasciné un certain Ronald Reagan.

Rand a sublimé ce sentiment de liberté individuelle toute puissante au travers de héros romantiques qui ne connaissaient qu’un dieu : leur propre désir d’homme libre, indépendant, soumis qu’à leur seule volonté.

Dans cet univers, l’Autre – son semblable – n’est qu’une autre entité indépendante avec laquelle on échange par contractualisation. Chaque être humain est supposé agir selon son strict intérêt propre. « En vivant uniquement pour soi, [...] chacun concourra involontairement et par surcroît au bien général » nous dit Flahaut, exprimant la pensée de Rand. Par conséquent, tout être qui ressentirait le besoin de l’Autre serait perçut comme dépendant et donc considéré comme « parasite. »

Dans cette conception de la relation humaine, il n’y a pas de devoir envers autrui, seulement envers soi-même. Ainsi on ne peut expliquer les rapports humains en termes de conflits, de rapports de force ou d’abus de pouvoir puisqu’il n’existe pas d’obligations envers l’Autre.

Cette vision de la société, précise Flahaut,  glorifie les dominants et culpabilise les faibles. Vision virile, machiste et brutale de la société qui fait la gloire aux rapports de force.

Or, dit Flahaut, dans les deux grands best-sellers d’Ayn Rand, il n’y a aucun personnage d’enfants, tout simplement parce que l’enfant aurait suffit à ruiner le modèle : « l’individualisme radical d’Ayn Rand implique au fond que la société, comme le disait Mme Margareth Thatcher, n’existe pas. »

Tels étaient l’Amérique et le monde vus par George W. Bush, disciple inconditionnel de cette doctrine.

En se montrant publiquement en compagnie d’enfants, avec un bonheur manifeste, et en affichant son humanité, Barack Obama a inconsciemment rompu avec le modèle d’Ayn Rand et nous a offert sa vision du monde : celle où l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts individuels. Celle qui reconnait l’existence d’une société d’Êtres interdépendants.reliés les uns aux autres, non pas uniquement par des calculs, mais aussi et surtout par des sentiments.

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Élite to delete

In Société on 1 février 2009 at 5:23

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Jappartiendrais à l’élite.

C’est ce que l’on me dit ici ou là, dans des milieux qui s’y connaîtraient en élite. On me dit alors que je devrais accepter de participer au évènements offrant un décorum à la hauteur de ce que l’élite exige : hôtel 5 étoiles, cocktails et petits fours…

Mais qu’est-ce que l’élite au juste ? Le dictionnaire nous en donne la définition suivante :

« Minorité d’individus auxquels s’attache, dans une société donnée, à un moment donné, un prestige dû à des qualités naturelles (race, sang) ou à des qualités acquises (culture, mérites). » (1)

J’aurais donc des qualités qui me permettraient d’appartenir à une minorité d’individus ce qui m’autoriserait à exiger un prestige. Bien. Admettons.

Sauf que voilà : dans notre société-réalité de la consommation et de la démonstration ostentatoire des signes extérieurs de prestige, l’élite se définit par son compte en banque et se mesure par des privilèges matériels.

C’est toute la tristesse de cette société incapable de se penser en dehors de son système de valeurs-consommation. Le consommateur est l’étalon du système. L’élite n’y échapperait pas : elle serait aussi étalonnée selon ses capacités à jouir du luxe, à posséder l’exception. Et la jeunesse de ce monde semble dénuée d’autres références pour s’inventer un nouveau paradigme.

Si donc fait partie de l’ élite celui ou celle qui a des modes de consommations hors normes, alors nous devrions nous réjouir de compter Britney Spears ou Pamela Anderson ou je ne sais quel chanteur/chanteuse, joueur de Hockey ou de Basket parmi l’élite mondiale. Bref, tout ce que le monde compte de grandes fortunes oisives, spéculatrices, héréditaires ou de divertissement formerait l’élite.

Comparez vos cartes privilège, sortez vos passes VIP, vous faites peut-être partie de l’élite.

Parenthèse : on comprend alors que la crise financière est moins une crise économique qu’une crise de valeurs… Fin de la parenthèse.

Pour ma part, je préfère les élites intellectuelles (et possiblement fortunées) aux élites superficielles (et forcément fortunées). Quant au prestige de l’élite intellectuelle, il se mesure dans la reconnaissance du public et dans le privilège d’exercer le métier de penseur. En effet, avoir le temps de penser le monde au profit de tous, être payé pour ce faire, voyager pour confronter ses recherches et ses idées, être le philosophe de la cité de Platon, voilà sans conteste, à mes yeux, la plus grande des richesses, la plus grande distinction pour une élite.

Je n’ai pas la prétention d’en être mais c’est un objectif que je ne renierai pas.


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(1) Selon le portail lexical du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales